Notre site affirme qu'il détient des preuves tangibles que Ayubu Pollin n'est
pas Kabuto. Que ceux qui associent ce nom à Kabuto se trompe. Qu'ils aillent
chercher ailleurs. Dans la lutte interne au sein du CNDD-FDD, Kabuto pourrait
subir des conséquences. L'article paru sur Burundi Bwacu s'inscrit dans cette
lutte interne, qu'il soit de la main de Kabuto ou d'un autre, il porte un coup
dur au Président de la République et surtout sur l'angle ethnique. C'est un jeu
dangereux auquel les Burundais devraient s'abstenir.
Nous nous permettons de mettre en gras quelques passages de l'article pour
attirer l'attention du lecteur. Que Mr Daniel Kabuto nous en excuse. Nous lui
souhaitons bon courage et il faudra probablement suivre le chemin de notre ami
Steve Decliff qui est resté égal à lui-même, un homme de valeur et qui a bien
compris qu'il vaut mieux garder sa personnalité.
Bujumbura le 10 janvier 2009 (abarundi.org) - C`était au début de l`année
2008. La première semaine du mois de janvier pour être précis. Tous ses amis
ont été bouleversés par la fin tragique d`Emmanuel Havyarimana. Il ne
souffrait d`aucune maladie, ne se connaissait pas d`ennemis.
Bien que toute vie d’homme soit un mystère, Emmanuel avait sans nul doute
des ennemis comme son trépas l`a illustré. Tous ses amis sont unanimes pour
affirmer qu`Emmanuel Havyarimana est mort d`un empoisonnement.
L`auteur du crime court toujours tandis que devant Dieu, l`âme du disparu
réclame justice. Mais au Burundi, il y a tellement d`âmes expédiées vers
l`au-delà qui réclament justice.
Rentré des Pays-Bas en 2006, Emmanuel Havyarimana était de ces Burundais de
la diaspora qui veulent mettre leurs études et expériences au service de la
reconstruction de leur mère patrie. Avant d`être nommé inspecteur de l`Etat,
feu Emmanuel Havyarimana s`était illustré comme un travailleur compétent et
assidu au ministère de la communication et de l`information. Point focal du
Burundi à l`EAC pour ce qui concerne les Nouvelles Technologies de
l`Information (TIC), Emmanuel Havyarimana était très bien apprécié de ses
homologues kenyans, ougandais, rwandais et tanzaniens. J`en ai eu la
confirmation lors d`un atelier tenu à Bujumbura sur la mise en place de
l`e-gouvernement. Il a laissé un grand vide que les étrangers ont constaté
tandis que les Burundais préféraient ne pas revenir sur les œuvres du
disparu: on ne s`attire pas les foudres d`une âme trucidée car elle pourrait
se venger tel un fantôme du Burundi d`avant l`ère chrétienne. Justement,
cette attitude cynique met à nu l`hypocrisie d`une nation qui se dit
croyante en Dieu ou pire fervente, mais avec des crimes de sang qui ramènent
le pays à l`image d`une véritable jungle.
Il y a une année Emmanuel Havyarimana nous quittait, tué par une main
toujours obscure. La police a promis des enquêtes dont on attend
toujours l`aboutissement, si le dossier n`a pas été classé sans suite.
Ici, c`est un ami qui parle et non une autorité. Emmanuel Havyarimana avait
également la nationalité néerlandaise mais avait commis l`erreur grave de ne
pas se faire connaître à l`ambassade des Pays-Bas. J`allais dire que seuls
sa famille et ses amis sont donc préoccupés par la vérité sur sa mort.
Disons plutôt que l`assassinat de ce membre de la diaspora préoccupe
toujours la communauté burundaise des Pays-Bas. Cette fin tragique rend
encore pertinente la question de la sécurité des esprits valeureux et
déterminés à apporter leur pierre à l`édification d`un Burundi moins
corrompu et plus productif.
Feu Emmanuel Havyarimana était un ami. Nous avions étudié ensemble à la
faculté de droit de l`université nationale du Rwanda à Kigali en 1993. On
s`est retrouvé à Rotterdam en 2001 et j`ai remarqué qu`il avait la même soif
d`aider ses compatriotes à sortir des ténèbres de l`ignorance. Il militait
alors pour le Palipehutu mais allait plus tard rejoindre la section du parti
CNDD¬FDD des Pays-Bas, fin 2003 pour être précis. Il voulait que la section
se distingue par des réalisations remarquables. Avec lui, la section des
Pays-Bas a été la première à recevoir la visite du président du parti,
Pierre Nkurunziza, alors ministre d`Etat chargé de la Bonne Gouvernance et
de l`Inspection générale de l`Etat. C`était en janvier 2004. En décembre
2005, quand le Président de la République Son Excellence Monsieur Pierre
Nkurunziza a effectué sa première visite officielle aux Pays-Bas, la section
du parti CNDD-FDD était portée au pinacle mais a gardé le triomphe modeste
en se dévouant pour que la rencontre du Président de la République avec la
diaspora soit un succès. Feu Emmanuel Havyarimana était des nôtres.
Maintenant, il n`est plus même si les morts ne sont jamais morts! C`est fort
de cette philosophie africaine que j`invite la communauté burundaise des
Pays-Bas, les militants du parti CNDD-FDD à avoir une pensée pieuse pour le
repos de l`âme du frère ou militant disparu.
En ces moments où le Burundi s`approche des élections, les esprits se
chauffent. L’heure du bilan approche et on doit corriger les erreurs. Les
critiques deviennent acerbes et parfois malveillantes. Au sein du CNDD-FDD,
les vrais militants sont confiants mais les luttes de positionnement peuvent
faire des victimes. Ainsi va la démocratie partout quand le moment de
courtiser l’électeur approche.
Sous un autre angle, le trépas d`Emmanuel Havyarimana me fait réfléchir sur
les dangers qui nous guettent, nous les Burundais rentrés du pseudo eldorado
européen. Nous avons souvent une foi aveugle dans le changement. Nous avons
des difficultés à faire fi de nos réflexes d`hommes imbus de culture
démocratique et du respect de la parole donnée pour comprendre que le
Burundi a ses codes non écrits et surtout cruels. L`adaptation met du
temps et on peut s`en rendre compte trop tard comme ce fut le cas pour notre
regretté Emmanuel Havyarimana.
J`en profite pour inviter ceux qui m`envoient des menaces de mort pour des
écrits dont je ne suis pas auteur de ne pas chercher à couler le sang pour
des intérêts à cent lieues des préoccupations d`un peuple tant meurtri. Dieu
seul sait combien d’internautes recourent à des pseudonymes ou à des
adresses e-mails éphémères. Exit la nébuleuse The Leadership Institute?
Des messages m`accusent d`ouvrir la boîte de Pandore ou de m’en prendre aux
intérêts de mes anciens compagnons d’exil en Hollande. J`en souffre
énormément. J`exprime ici ma gratitude à toutes les personnes qui me
soutiennent. Merci à Son Excellence Monsieur le Deuxième Vice-Président
de la République; merci aux honorables Nsesema et Denise Sindokotse,
respectivement premier et deuxième vice-président du parti CNDD-FDD.
Merci aux collègues de la Deuxième Vice-Présidence et aux amis et militants
du parti CNDD-FDD.
A ceux qui continuent à proférer des menaces, je déclare ne pas avoir peur
d`aller au cimetière de Mpanda comme on me le promet, mais je préférerais
celui de Gitega, à Mushasha! En attendant (puisque personne ne connaît ni le
jour ni l’heure de sa mort), je jouis de ma vie en ayant la détermination de
rester à la hauteur des tâches et surtout de bien faire le travail qui m’a
été confié. Et oui, malgré les attaques, je reste un bourreau de travail.
Mon testament peut choquer bien des Burundais de l`intérieur du pays mais
sachez que c`est insensé d`oublier que la vie et la mort sont deux sœurs
jumelles! Un empoisonnement, un simulacre d`accident, un tueur à gages,
la liste peut s`allonger. Mon testament est donc en ligne. A 38 ans ? Le
Fils de Dieu n`est-il pas mort à 33 ans? Mais que voulez-vous que je dise
quand j`ai beau démentir, on me rétorque que je suis le seul à détenir
certaines informations déversées sur le net. Qui veut noyer son chien
l’accuse de rage. On réclame implicitement mon limogeage. Internet ?
Cette toile sur laquelle tous les coups sont permis, surtout aux pyromanes
sans scrupules! On ne doit jamais se lasser de démentir si possible
promptement, de balayer les critiques malveillantes des esprits sophistes et
par trop machiavéliques, même si ces énergies auraient dû être utilisées à
quelque chose de plus utile dans notre Burundi en reconstruction tous
azimuts. Mais on doit également apprendre des critiques fondées et
s’améliorer. La guerre médiatique n’est pas une mince affaire.
A la différence d`Emmanuel Havyarimana, je prends l`opinion à témoin. On
va m`accuser de manquer à la discrétion attendue dune personnalité de mon
rang, j`assume. Il ne peut pas en être autrement, je suis un homme public
ayant évolué à l`étranger avec d’autres règles que l’hypocrisie. Le
revers culturel de la double nationalité?
Oui, seuls les gens qui n`entreprennent rien ne commettent pas d`erreur.
Puissions-nous apprendre à nous corriger mutuellement au lieu de nous
entretuer comme des bêtes sauvages. Et sur les traces de Saint François
d`Assises, disons: « Loué sois-tu Seigneur mon Dieu, pour notre sœur la mort
corporelle, à qui nul homme ne peut échapper!» Que l’amour de Dieu nous
éclaire et nous protège!
Daniel KABUTO